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Thème : responsabilité du fait personnel [La caractérisation de la faute sportive ]
Commentaire d'arrêt — Droit Privé
Source de l'arrêt
https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007047149/
DROIT DÉCODÉ - COMMENTAIRE D'ARRÊT Dans la vie sociale, chacun est tenu de répondre des conséquences de son propre comportement. En effet, lorsqu'un individu cause un dommage, c'est naturellement vers lui que la responsabilité se tourne. Tel est le cas du présent arrêt soumis à notre commentaire. Il a été rendu par la deuxième chambre civile de la Cour de cassation du 23 septembre 2004 et se rapporte au fait d'autrui, du fait personnel et se rapporte à la responsabilité du fait personnel. En l'espèce, deux individus (M. X. et Mme Y.) appartenant à un club de sport de karaté participaient à un entraînement de sport de karaté au cours duquel M. X. a été blessé par Mme Y. au cours d'un coup porté par Mme Y. D'où naît le litige. Le litige a été connu d'un tribunal, d'une cour d'appel de Reims du 25 novembre 2002, puis de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation du 23 septembre 2004, objet du présent commentaire. Devant les juges du fond, M. X., en qualité de demandeur, sollicita la réparation et l'indemnisation de son préjudice. En effet, il argua qu'il a subi un dommage à la suite d'un coup porté par Mme Y. À cette demande s'opposa la société AGF IART et Mme Y. en qualité de défendeurs. Ils portèrent la demande par Mme Y. devant les juges de la cour d'appel en demandant la réparation du préjudice subi. Ils estimèrent que le coup porté par Mme Y. était du motif d'une faute volontaire et de doigts tendus et de manière particulièrement violente et d'autre part que Mme Y. ne pouvait ignorer le grade déjà obtenu dans la pratique de ce sport. Saisie du litige, la cour d'appel de Reims accueillit la demande en retenant la responsabilité de Mme Y. et l'a déclarée tenue d'indemniser M. X. des conséquences dommageables de l'accident. Pour ce faire, elle a constaté que le coup porté par Mme Y. l'avait été à poing ouvert et doigts tendus, de manière particulièrement violente, en méconnaissance des règles fondamentales de la pratique du karaté, et que Mme Y. ne pouvait ignorer ces règles compte tenu du grade déjà obtenu dans ce sport. Insatisfaites, la société AGF IART et Mme Y. se pourvurent en cassation. Elles reprochèrent à la cour d'appel d'avoir violé les articles 1382 et 1383 du Code civil lorsqu'elle retint la responsabilité de Mme Y. sans constater de faute volontaire contraire à la règle du jeu, alors qu'elle avait elle-même qualifié le coup de « malencontreux ». Elles faisaient valoir en outre qu'en toute hypothèse, la cour d'appel n'avait pas constaté que Mme Y. avait volontairement, en méconnaissance des règles présidant à la pratique du karaté, frappé M. X. au visage, ce qui était pourtant la condition nécessaire à l'engagement de la responsabilité d'un pratiquant d'un sport de combat à risque. Ainsi, la Haute Cour devrait répondre à la question de savoir : la responsabilité civile d'un pratiquant d'un sport de combat à risque à l'égard d'un autre participant peut-elle être engagée sur le seul fondement d'une violation caractérisée des règles de ce sport, sans qu'il soit nécessaire de démontrer l'intention de causer un dommage, dès lors que l'auteur du dommage ne pouvait ignorer ces règles au regard de son niveau de pratique ? La Cour de cassation répond à cette question par l'affirmatif lorsqu'elle déclare, d'une part, que « la responsabilité de la personne qui pratique un sport est engagée à l'égard d'un autre participant dès lors qu'est établie une faute caractérisée par une violation des règles de ce sport » et, d'autre part, qu'en caractérisant la faute de Mme Y., « la cour d'appel a exactement décidé que celle-ci devait être déclarée responsable du dommage subi par M. X. ». Le présent arrêt a le mérite de nous montrer l'importance de respecter les règles des jeux dans la pratique des sports de combat. Eu égard à tout ce qui précède, nous verrons d'une part la caractérisation de la faute de l'auteur du dommage ( I ) et d'autre part les implications de cette caractérisation ( II ). I / La caractérisation de la faute de l'auteur du dommage : La Cour de cassation caractérise la faute de Mme Y. en s'appuyant sur deux éléments complémentaires et indissociables : d'une part, la violation consciente et objectivement constatable des règles fondamentales du karaté ( A ), d'autre part, la prise en compte du grade obtenu par l'auteur du…
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