L'erreur
Mot JuridiqueDroit des contrats

L'erreur

Droit Décodé
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25 septembre 2026
Mis à jour le 25 septembre 2026 à 08:41
L'erreur de droit ou de fait, à moins qu'elle ne soit inexcusable, est une cause de nullité du contrat lorsqu'elle porte sur les qualités essentielles de la prestation due ou sur celles du cocontractant.

Explication développée :

L'erreur est le premier des trois vices du consentement, avec le dol et la violence. Contrairement au dol, elle n'est pas provoquée par une manœuvre du cocontractant : c'est une fausse représentation spontanée de la réalité, une méprise sur un élément déterminant du contrat.
Toute erreur ne suffit pas à annuler un contrat, sous peine de fragiliser toute la sécurité des transactions. Elle doit d'abord porter sur les qualités essentielles de la prestation (la nature, l'origine, l'authenticité de la chose), ou sur celles du cocontractant, mais seulement dans les contrats conclus en considération de la personne. Sont en revanche exclues, en principe, l'erreur portant sur la simple valeur de la prestation et celle portant sur un motif qui n'aurait pas été expressément convenu comme déterminant.
L'erreur doit ensuite être excusable : celui qui se trompe par sa propre légèreté, alors qu'une vérification minimale s'imposait, ne peut invoquer la nullité. Cette exigence est appréciée plus sévèrement à l'égard d'un professionnel se trompant dans son propre domaine de compétence. Une exception notable : l'erreur provoquée ou entretenue par le cocontractant lui-même est toujours considérée comme excusable, l'accent se déplaçant alors sur le comportement fautif de celui qui l'a suscitée.

Exemple concret :

A achète à B un tableau présenté comme une œuvre authentique d'un peintre reconnu.
Il s'avère par la suite que le tableau est une copie, sans que B en ait eu connaissance ni intention de tromper A.
👉 A peut demander la nullité de la vente pour erreur sur les qualités essentielles de la prestation, dès lors que l'authenticité de l'œuvre était un élément déterminant de son consentement et que son erreur n'était pas inexcusable.

📚 Domaine du droit :

Droit des contrats / Droit des obligations / Droit civil

🧠 À retenir : 

👉 L'erreur n'entraîne la nullité que si elle porte sur une qualité essentielle de la prestation ou du cocontractant, et à condition qu'elle soit excusable.

📚 Références juridiques :

🇹🇬
La théorie de l'erreur, comme vice du consentement affectant la validité d'un contrat, s'applique également en droit togolais dans la tradition civiliste, y compris pour les actes de commerce relevant de l'Acte uniforme relatif au Droit Commercial Général (AUDCG).
🇫🇷
Code civil, article 1132 : l'erreur de droit ou de fait, à moins qu'elle ne soit inexcusable, est une cause de nullité du contrat lorsqu'elle porte sur les qualités essentielles de la prestation due ou sur celles du cocontractant.
 Article 1130 précise que l'erreur, le dol et la violence vicient le consentement lorsqu'ils sont de telle nature que, sans eux, l'une des parties n'aurait pas contracté ou aurait contracté à des conditions substantiellement différentes.

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